L’accès aux soins continue de se dégrader en France. C’est ce que révèle la troisième édition du Baromètre de l’Accès aux soins de la FHF, réalisé par Ipsos/BVA sur un échantillon représentatif de 2 500 personnes et dont les principaux résultats ont été publiés le 17 mars 2026.
Selon l’enquête, les temps moyens d’attente pour consulter un spécialiste dépassent souvent les 8 semaines. Il faut compter 2 mois et 10 jours pour un ORL ; c’est plus que pour un pédiatre (3 semaines et 2 jours) et moins que pour un cardiologue (3 mois et 2 jours). Le record est détenu par les dermatologues : il faut patienter 4 mois et 2 semaines.
AD-c176.jpg)
D'année en année, ces délais augmentent « de façon alarmante », selon les auteurs de l’étude : par rapport à 2019, il faut attendre 3 fois plus longtemps pour consulter un médecin généraliste – 12 jours aujourd’hui contre 4, il y a sept ans – et 2 fois plus longtemps pour un rendez-vous avec un ORL (en 2019, le délai moyen était de 1 mois et 1 semaine).
Disparités régionales
Ces difficultés d’accès aux soins varient selon les régions et laissent apparaître d'importantes disparités, qui appellent à la mise en place de mesures à l’échelle territoriale. Seule la région Ile-de-France semble relativement préservée encore. Il faut compter 7 semaines pour y voir un ORL contre 12 en Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Bretagne et même 13 en Auvergne Rhône-Alpes voire 14 en Nouvelle Aquitaine. Mais, ces délais sont encore loin derrière ceux atteints en Normandie pour une consultation chez un dermatologue : les patients doivent y attendre en moyenne 24 semaines...
Conséquence de ces difficultés croissantes : près des trois quarts des Français déclarent en 2026 avoir déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, contre 63 % en 2024. Ils sont 59 % à avoir abandonné pour des raisons liées aux délais d’obtention de rendez-vous et 38 % pour des raisons liées à la distance. Autre enseignement de ce baromètre de la FHF : près d’une personne sur deux déclare s’être déjà rendue dans un service d’urgence alors que la situation ne s’y prêtait pas. Un déport vers les urgences qui traduit le désarroi des Français lorsqu’il s’agit d’accéder aux soins.
