Le précédent document datait de 1997. Le Biap vient de publier sa nouvelle recommandation consacrée à la classification audiométrique du degré de perte auditive. Désormais alignée sur le cadre défini par l’OMS en 2019, elle établit un nouveau référentiel et marque une approche nouvelle dans l’évaluation du handicap auditif, passant d’une lecture quantitative de l’audiogramme à une approche plus fonctionnelle de l’audition. « Les résultats audiométriques en tonalité pure ne se réfèrent qu’à l’intensité sonore minimale que l’oreille peut détecter, mais ne devraient pas être le seul déterminant dans l’évaluation du handicap ou la réalisation des interventions », confirme Mark Laureyns, ancien président de l’AEA, dans un post saluant la publication de ces recommandations. En d'autres termes, l’audiogramme ne résume pas, à lui seul, les difficultés auditives ni leur retentissement dans la vie des patients.
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La recommandation du Biap propose en outre une classification oreille par oreille, ce qui permet de tenir compte des pertes auditives unilatérales et asymétriques et de leurs conséquences sur l’écoute binaurale, notamment la localisation des sons et la compréhension de la parole dans le bruit. Le document consacre d’ailleurs deux paragraphes à ces surdités, précisant leurs définitions et intégrant la notion de LUHU (limited usable hearing unilaterally).
Les auteurs de ces recommandations signalent enfin que cette classification constitue avant tout un outil descriptif et épidémiologique ; elle ne redéfinit donc pas les critères d’éligibilité à l’appareillage. Elle ne tient pas compte non plus de certaines situations auditives, comme les déficiences sensorielles combinées, les pertes auditives congénitales et prélinguales chez l’enfant ainsi que d’autres profils auditifs complexes ou atypiques « qui nécessitent une interprétation clinique individualisée allant au-delà de la catégorisation audiométrique standard ». Elles devraient faire l’objet d’un complément futur.
