En synthèse, les auteurs estiment que la « prévention (...) constitue un levier incontournable pour assurer la pérennité de notre système de santé » et voient dans l’essor du numérique « l’opportunité d’adapter les interventions de santé aux besoins spécifiques de chacun (...) et d’améliorer l’efficacité et l’accessibilité des stratégies de prévention ». Ces outils, expliquent-ils, doivent être « intégrés dans les parcours de soins en s’insérant dans l’arsenal thérapeutique à la main des professionnels de santé ».
Mais, pour les auteurs, ce virage préventif ne peut se faire sans une réflexion en amont et un encadrement réglementaire. Dans ce sens, ils identifient six « ambitions » : placer le numérique au service d’une stratégie claire et affichée ; adopter une approche populationnelle de la santé ; agir sur les fractures numériques ; faire de l’évaluation une valeur cardinale ; conjuguer technologie et prévention dans un cadre éthique et garantir un modèle économique pérenne du numérique.
Autant d’interrogations qui trouvent écho dans les discussions en cours au sein de la filière de l’audiologie. Les technologies connectées et les solutions numériques offrent en effet de nouvelles perspectives pour détecter précocement les troubles auditifs, optimiser le suivi des patients et améliorer l'accès aux soins, notamment dans les zones sous-desservies. Mais se posent également le périmètre dans lequel doit s’exercer le numérique en audiologie, la question de l’évaluation de la qualité des soins, l’usage éthique des data recueillies, le mode de financement...
Déficit auditif et prévention
L’une des 42 contributions, rédigée par Luis Godinho, vice-président du SDA, intitulée « Le déficit auditif représente un enjeu majeur de santé publique en France, avec une prévalence qui ne cesse de croître », met en lumière le rôle que pourraient être amenés à jouer les outils connectés et les applications de santé en audiologie. « Pour faire face à l’augmentation attendue des personnes en perte d’autonomie, il est (...) impératif d’agir dès l’âge de 45-50 ans en promouvant le dépistage du déficit auditif (...), écrit-il. L’élaboration d’une stratégie nationale pluriannuelle sur l’audition, intégrée à la stratégie nationale de santé et au plan national de santé publique, est cruciale pour (...) contrer les effets délétères pour la santé publique et pour son financement, du déficit auditif, un handicap encore trop méconnu et sous-estimé. »
Luis Godinho ne manque pas de rappeler à cette occasion « l'efficacité et le retour sur investissement des aides auditives » et de souligner que cette efficience est dépendante de « l'expertise et l'accompagnement des audioprothésistes », ce qui justifie une « régulation renforcée de la profession » pour garantir la qualité des soins.