Le masquage, une étape à ne pas négliger

Lancés début 2021 par la Société française d’audiologie, les « Mardis de la SFA » abordent des thèmes précis de l’audiologie dans des formats courts et pratiques. La deuxième édition a été intégralement consacrée au masquage en audiométrie tonale. Le Pr Mathieu Marx, du CHU de Toulouse, l’un des animateurs de cette formation, en révèle quelques messages clés.

Propos recueillis par Ludivine Aubin-Karpinski
Webinaire masquage

Audiologie Demain : Pourquoi avoir choisi de consacrer ce deuxième webinaire au masquage en audiométrie tonale ?

Pr Mathieu Marx : Nous avions à l’origine prévu de consacrer deux webinaires sur le thème de l’audiométrie. Le premier, en janvier, dédié à l’adulte, et un second, en juin, consacré à l’enfant et animé par la Pr Natalie Loundon. La première session a suscité de nombreuses questions très techniques, basées sur des expériences pratiques, ce qui nous a incités à ajouter a posteriori un troisième webinaire traitant exclusivement de la problématique du masquage. Nous l’avons animé avec les Prs David Bakhos, du CHU de Tours, et Frédéric Venail, du CHU de Montpellier, en avril.

Tous les professionnels de l’audiologie sont concernés et doivent pouvoir réaliser une audiométrie tonale de qualité : de l’audioprothésiste qui doit évaluer les seuils avec le plus de précision possible pour prescrire ses gains correctement, jusqu’au chirurgien otologiste pour poser ses indications de chirurgie.

C’est une technique importante dont l’utilité ne fait aucun débat. Mais il est important de bien la maîtriser car, en pratique, il n’est pas rare qu’il y ait des erreurs. La bonne oreille peut répondre à la place de la mauvaise et les conditions dans lesquelles elle est susceptible de le faire ne sont pas toutes connues. Il nous a donc semblé intéressant de faire le point sur le masquage, d’explorer les différentes méthodes et d’en rappeler la finalité, à savoir une prise en charge de qualité. Parce que sur de mauvais seuils ne peuvent être prises que de mauvaises décisions.

Audiologie Demain : Quelles sont les différentes méthodes utilisées aujourd’hui ?

Pr Mathieu Marx : Il existe deux méthodes que nous avons détaillées au cours du webinaire. L’une, dite « formules », est enseignée lors des études initiales en France et est mise en avant dans les recommandations de la SFA1 ou dans le Consensus formalisé d’experts de la SFORL2. L’autre, dite « plateau », est la méthode anglo-saxonne, recommandée par la British society of audiology (BSA)3 et par l’université de Cape Town en Afrique du Sud4. Elle est moins connue dans l’Hexagone mais tout aussi valide.

Pour résumer, la première est plus rapidement efficace que la seconde, qui est plus simple. Elles donnent les mêmes résultats mais par des chemins différents. En effet, la méthode plateau ne nécessite pas de calculer quoi que ce soit en fonction des seuils obtenus lors du premier test sans masquage. On se base sur le seuil tonal de l’oreille non testée pour débuter le masquage, alors que dans la méthode formule, on va devoir calculer le seuil à partir duquel on débute le masquage sur l’oreille non testée.

La méthode plateau est peu enseignée en France. C’est dommage, car même si elle requiert un peu plus de temps pour obtenir des résultats fiables, elle est tellement simple que les professionnels qui la pratiquent régulièrement peuvent presque intuitivement mettre en place un équivalent de formules. Dans ce sens, elles ne sont pas exclusives l’une de l’autre.

Audiologie Demain : Pouvez-vous nous donner un avant-goût des techniques spécifiques détaillées dans le webinaire ?

Pr Mathieu Marx : Nous rappelons l’intérêt de pratiquer l’acoumétrie au diapason, véritable complément de l’audiométrie tonale en cas d’évaluation d’une surdité de transmission ou mixte. Il est dommage de s’en priver car cette épreuve de Rinne permet de poser des indications opératoires avec un bon degré de certitude quand il est évocateur. Nous nous sommes également attardés sur le test de Rainville dont la méthodologie est assez mal connue. Il s’agit d’un masquage par conduction osseuse sur l’oreille que l’on veut tester. Il peut s’avérer très utile dans certains cas de surdité mixte bilatérale pour évaluer précisément le niveau de conduction osseuse, un élément clé pour décider d’un éventuel geste opératoire à visée fonctionnelle.

Voir ou revoir : le replay du webinaire est accessible aux personnes qui y étaient inscrites et aux membres de la SFA.

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