06 Septembre 2022

Le SDA veut faire évoluer l’exercice de l’audioprothèse

Dans un communiqué du 6 septembre, le SDA plaide pour que les audioprothésistes deviennent des acteurs clés du repérage des troubles fonctionnels. Une évolution qui s’inscrit dans une politique de prévention de la perte d’autonomie.

Par Bruno Scala
maillage

Faire des audioprothésistes l’un des premiers maillons de la prévention contre la perte d’autonomie : telle est l’ambition du SDA. Le syndicat veut en effet les doter « d’un cadre rénové pour les actions de repérage des capacités fonctionnelles [et non pas uniquement auditives, NDLR] des personnes en risque de perte d’autonomie », peut-on lire dans un communiqué du 6 septembre 2022.

Les pharmaciens en exemple

Le SDA se réfère au modèle des pharmaciens, professionnels de santé inscrits au registre du commerce, à l’instar des audioprothésistes. « Les pouvoirs publics ont pu s’appuyer sur le réseau officinal pendant la crise sanitaire pour, notamment, élargir la vaccination contre la Covid-19 et la grippe, et déployer les tests antigéniques », constate le SDA. De la même manière, les audios pourraient œuvrer pour la santé publique en s’occupant du repérage : « De ce fait, les plus de 6 000 centres auditifs peuvent jouer un rôle, sur tout le territoire, dans le programme ICOPE de dépistage du déclin fonctionnel lié à l'âge ».

Maillage homogène

Néanmoins, cette évolution nécessite quelques ajustements, notamment en termes de maillage territorial et d’encadrement des pratiques, selon le syndicat : « Contrairement aux audioprothésistes, les pharmaciens respectent une répartition démo-géographique, des règles déontologiques et un strict encadrement de la communication et publicité ». Ces trois aspects, comme le rappelle le SDA, avaient d’ailleurs été abordés, et fait l’objet de recommandations, dans le rapport Igas/IGÉSR.

En effet, les audioprothésistes ne pourront réaliser un repérage exhaustif que si leur répartition géographique est homogène (ou à peu près). Pour suivre la comparaison du SDA, une pharmacie ne peut ouvrir que dans une commune d’au moins 2 500 habitants, et des officines supplémentaires par tranche de 4 500 habitants supplémentaires. Les zones surdotées sont ainsi évitées, et le maillage est homogène.

Bonnes pratiques

Pour le SDA, cette évolution de l’exercice nécessite également une évolution réglementaire. « On ne peut imaginer que les pouvoirs publics s’appuient sur un réseau de professionnels de santé qui n'est pas encadré, comme le sont les pharmaciens, détaille Luis Godinho, président du SDA. On sortirait ici du cadre strict de notre métier, et si l’on veut que les pouvoirs publics orientent la population vers les audios pour cela, on ne peut pas continuer avec cette vision commerciale. Il faut des règles déontologiques. »

Cette prise de position forte du SDA intervient alors que l’idée d’une loi grand âge et autonomie, pourtant promise par le candidat Emmanuel Macron avant sa première élection, est progressivement abandonnée. Elle ne fait pas partie de la feuille de route du nouveau ministre des solidarités et de l’autonomie, Jean-Christophe Combe.

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