Les congrès plongés dans l’incertitude

Passera, passera pas… ? L’échéance se rapproche mais la tenue du 11e colloque de l’Afrépa et des 23es Assises de Nice est toujours incertaine. Les organisateurs sont suspendus aux décisions gouvernementales mais gardent bon espoir de pouvoir accueillir les congressistes. Le point avec le Dr Jacques François Farran, président du colloque de l’Afrépa, et le Dr Bertrand Geoffray, président des Assises de Nice.

Propos recueillis par Ludivine Aubin-Karpinski
Evenement

Audiologie Demain (AD) : À quelques semaines de vos événements respectifs, quelle assurance avez-vous de pouvoir accueillir les participants ?

Jacques François Farran (JFF) - (Afrépa) : Nous sommes dans l’expectative des décisions gouvernementales. Tout est prêt, sauf l’essentiel, la certitude que le Corum de Montpellier obtiendra l’autorisation d’ouvrir ses portes et que nous pourrons garantir la visibilité de leurs stands à nos sponsors.

Nous avons le soutien de ces derniers, largement au rendez-vous, et le concours enthousiaste des orateurs, qui ont été plus que sevrés de parole ces derniers mois. Tous ont répondu présent. Nous enregistrons un peu moins d’inscrits que les éditions précédentes. Et, beaucoup diffèrent leur décision jusqu’au dernier moment. Nous attendons entre 150 et 200 personnes dans un espace pouvant en recevoir 700, donc la distanciation sociale ne sera pas un problème.

Bertrand Geoffray (BG) - (Assises) : Nous naviguons à vue. Les protocoles sanitaires pour les rassemblements n’ont pas été actualisés depuis octobre et nous ignorons si les dispositions que nous avons prises nous permettront d’être dans les clous. Néanmoins, nous avons bon espoir que cela passe compte tenu de tout ce que nous avons mis en place. Il va bien falloir que les politiques sortent du bois. En tout état de cause, si rien ne change d’ici là, c’est-à-dire si le couvre-feu est maintenu et si les restaurants n’ont pas rouvert, cela ne sera pas jouable. En attendant, nous avons engagé des discussions avec la municipalité et la préfecture pour nous assurer au maximum de la tenue de l’événement afin, éventuellement, de nous positionner en tant qu’expérimentation grandeur nature comme le concert-test qui a réuni 5 000 personnes à Barcelone en mars dernier. Sachant que les participants sont majoritairement des médecins et donc vaccinés à hauteur de 70 %, si l’on doit en croire Olivier Véran.

Tout est prêt, sauf l’essentiel, la certitude que le Corum de Montpellier obtiendra l’autorisation d’ouvrir ses portes.

Dr Jacques François Farran, président du 11e colloque de l'Afrépa.

AD : Quelles dispositions avez-vous prises du fait du contexte sanitaire ?

BG - (Assises) : En termes de respect des mesures de sécurité, nous ne sommes pas loin d’être au maximum de ce que l’on peut exiger. Nous avons prévu une salle supplémentaire afin d’agrandir encore les capacités assises et adopté le système d’un fauteuil sur deux afin de respecter les distanciations sociales requises. Une session sur deux débutera en horaire décalé de 30 minutes, tout au long de la journée, afin de diviser par deux le nombre de personnes dans les espaces de circulation. Les badges seront distribués de manière anticipée le 9 juin obligatoirement pour les groupes pour éviter les temps d’attente à l’ouverture du congrès. Pour les participants inscrits de manière individuelle, la récupération du badge sera possible dès le 9 juin également et ce, jusqu’à la fin du congrès. Il n’y aura pas de possibilité de vestiaire et aucun dîner ne sera organisé par nos soins.

En termes de capacité, nous disposons d’un espace de 10 000 m2, qui permet d’accueillir 3 500 personnes en temps normal. Nous avons établi une jauge maximale de 1 000 participants hors exposants, conformément aux mesures édictées en octobre dernier. Le nombre d’entrées sera calculé en temps réel, afin de la respecter. Nous garantissons ainsi 10 m2 par personne, ce qui est très au-delà des préconisations en la matière.

JFF - (Afrépa) : Outre le report de l’événement, qui à l’origine devait se tenir l’année dernière, et le fait de devoir revoir nos ambitions à la baisse en termes de participation, toutes les mesures sont prises pour assurer la sécurité des congressistes. Nous avons également prévu un service de lunch boxes pour les déjeuners.

Les professionnels attendent cette édition avec impatience. C’est pour cela que nous nous accrochons pour qu'elle ait lieu.

Dr Bernard Geoffray, président des Assises d'ORL

AD : Quels seront les temps forts de vos programmes ?

JFF - (Afrépa) : Pour les aspects conviviaux et, même si nous ne pouvons pas prévoir de repas de gala cette année, nous envisageons, si cela nous est permis, d’organiser un temps de dégustation d’un ou deux verres d’un vin de l’Hérault, rythmé par la musique d’un groupe gipsy. Un artiste tagueur montpelliérain, Mathieu Hien, a réalisé l’affiche de cette édition et nos participants pourront repartir avec l’affiche signée.

Le bureau de l’Afrépa a concocté un programme scientifique de haute volée. Il réunit tous les grands noms de la recherche et de la prise en charge des acouphènes en France. Après la conférence inaugurale de Daniel Pressnitzer, directeur de l'équipe Audition - ENS/CNRS (Paris), on peut évoquer les présentations du Pr Jean-Luc Puel sur les « Données physiopathologiques actualisées sur les acouphènes », du Pr Mathieu Marx sur « Surdité unilatérale, implant cochléaire et acouphènes » (lire la Tribune Vers une extension d'indication de l'implant cochléaire ?, AD#07-8) ou encore la « Nouvelle définition de l’acouphène » par la Dr Martine Ohresser et Arnaud Norena (lire Qu’est-ce que l’acouphène ? Enjeux et justifications d’une définition, AD#09). Nous aurons également des interventions sur les thérapies innovantes avec notamment le Dr Alain Londero ou encore le Pr Frédéric Venail.

Enfin, nos ateliers permettront aux participants d’apprendre des expériences de plusieurs équipes pluridisciplinaires. Ces échanges permettront la confrontation de spécialités différentes, propice à l’enrichissement de la pratique de chacun pour une meilleure prise en charge coordonnée des patients acouphéniques.

BG - (Assises) : La variété de nos formats (masterclass, ateliers, symposiums, vidéos chirurgicales…) et de nos sujets font l’attractivité des Assises. Nous aurons néanmoins des ateliers numériques sur la médecine prédictive, la génomique, la télémédecine et les objets connectés. Nous proposons une formation réactualisée aux ORL de terrain ainsi que des passerelles avec les autres professionnels au travers de sessions communes. Notre objectif est de les réunir, quelles que soient leurs surspécialités, et de faire en sorte qu’ils échangent et repartent avec des connaissances qu’ils pourront mettre en pratique de retour dans leur cabinet. Et force est de constater que la formule semble correspondre aux besoins. Le secteur se montre en effet très attaché à cet événement. D’une réunion mise sur pied par une bande de copains en 1990, elle a pris de l’ampleur vingt ans après et une bascule s’est faite il y a deux-trois ans. Nous avons senti que les Assises ne nous appartenaient plus en quelque sorte pour devenir l’outil de l’ensemble de la filière. Nous avons aujourd’hui le devoir de faire en sorte que cela perdure. Les professionnels attendent cette édition avec impatience. C’est pour cela que nous nous accrochons pour qu'elle ait lieu.

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