Première
C’est au CHU de Lille qu’ont eu lieu les premières poses de l’implant cochléaire Nexa de Cochlear. Le 21 avril, le Pr Christophe Vincent a procédé à trois primo-implantations. Ici, M. F., âgé de 74 ans.
Le centre lillois implante entre 150 et 200 patients (adultes et enfants) chaque année. « Cela pourrait être davantage mais nous pâtissons comme partout ailleurs en France d’un problème d’accès à l’implant, notamment parce que les renouvellements des surdités sévères et profondes sont aujourd’hui confiés aux médecins généralistes », avance le chirurgien.
Un implant « intelligent »
Nucleus Nexa est le premier implant cochléaire à disposer d’un micrologiciel évolutif, permettant aux utilisateurs de bénéficier des innovations futures grâce à des mises à jour de la partie interne. Il mesure 3,9 mm d’épaisseur et compte 22 électrodes périmodiolaires. Le geste chirurgical, lui, ne change pas : après la mastoïdectomie suit la tympanotomie postérieure pour accéder à l'oreille interne. « Parfois l’anatomie nous joue des tours comme ici où la fenêtre ronde est cachée par l’os », commente l’ORL. Une particularité anatomique, décelée en pré-opératoire, mais qui ne constitue pas une contre-indication.
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Contrôles en temps réel
Xavier Erismann, Connected Care Implementation Manager chez Cochlear, procède en direct, via le système Nucleus SmartNav, au contrôle de la vitesse d'insertion – ici de 2 mm/s –, de la profondeur angulaire et du positionnement pour détecter d'éventuels replis de l'électrode. « La qualité du monitoring via ces nouveaux outils réduit aujourd’hui la nécessité d’une imagerie peropératoire », commente le Pr Christophe Vincent. Des mesures de l’impédance et d’AutoNRT – système automatisé développé par Cochlear pour mesurer la réponse du nerf auditif – sont également effectuées pour s’assurer que le dispositif fonctionne comme prévu, avant de quitter la salle d’opération.
Réglage
Trois semaines après l'implantation, l'audioprothésiste Christian Renard reçoit M. F, accompagné de sa femme, au CHU de Lille pour l'activation de l'implant et l'installation du processeur de son, ici un contour d'oreille. L'audioprothésiste réalise à nouveau une mesure d'impédance pour vérifier que toutes les électrodes sont fonctionnelles, et crée une map. C'est le début du réglage. Christian Renard prend en compte les valeurs NRT obtenues lors de la chirurgie, et il recherche les seuils de détection et les seuiils de confort pour chaque électrode afin de déterminer la dynamique électrique.
Motivation
Succès en vue
Après avoir construit quatre programmes de réglages, avec des intensités croissantes, l’audioprothésiste effectue une série de tests de compréhension de la parole, avec ou sans lecture labiale – quand l’audioprothésiste dissimule son visage derrière une feuille. « Il a d’excellents résultats », commente Christian Renard. « Sur le programme 1, qui est le moins puissant, sans lecture labiale, vous comprenez déjà, dit-il à son patient. Donc en portant bien votre implant toute la journée, vous allez très vite progresser, aidé en plus par le travail avec l’orthophoniste et les discussions avec votre femme. »

