16 Juin 2026

Santé auditive des jeunes : Conscients des risques, massivement exposés et déjà concernés.

Source firme
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Alors que l’écoute au casque, les écouteurs et les environnements sonores intenses occupent une place croissante dans leur quotidien, une enquête IFOP réalisée pour la Fondation Pour l’Audition auprès de 1 500 jeunes de 15 à 24 ans révèle un paradoxe préoccupant : les jeunes connaissent globalement les risques auditifs, mais continuent à adopter des comportements qui les exposent fortement à une dégradation précoce de leur audition et certains en ressentent malheureusement déjà les effets.

Si 94 % des 15-24 ans savent qu’une perte d’audition peut survenir dès le plus jeune âge, près d’un sur cinq (19 %) pense encore qu’une audition dégradée peut se réparer. Une idée reçue d’autant plus préoccupante que deux jeunes sur trois (67 %) déclarent avoir déjà ressenti des sifflements ou des bourdonnements après une exposition au bruit.

À l’occasion du lancement de son programme pluri-annuel de prévention en santé auditive destiné aux jeunes, la Fondation Pour l’Audition dévoile les principaux enseignements de cette enquête nationale.

Une génération informée, mais qui sous-estime encore certains risques

Les jeunes affichent un bon niveau de connaissance des enjeux auditifs : 87 % identifient correctement l’exposition au bruit comme la première cause des troubles auditifs.

Mais plusieurs idées reçues persistent. Près de deux tiers des jeunes (63 %) considèrent qu’un son n’est dangereux qu’à partir du moment où il devient douloureux, tandis que plus d’un quart (28 %) sous-estiment les effets cumulatifs d’expositions répétées à des volumes modérés. Des travaux qualitatifs complémentaires menés par le cabinet Quali’Strat auprès de jeunes confirment ce décalage : si les risques sont globalement connus, leurs conséquences restent souvent perçues comme lointaines et peu susceptibles de modifier les comportements du quotidien.

Des comportements à risque devenus la norme

Plus d’un jeune sur deux (52 %) reconnaît prendre des risques pour son audition. L’usage des écouteurs et du casque apparaît comme le principal facteur d’exposition : 65 % les utilisent fréquemment dans des environnements déjà bruyants et 58 % écoutent à volume élevé. Les travaux qualitatifs soulignent également l’importance du gaming, avec des sessions longues et immersives au casque qui contribuent à augmenter les durées d’exposition sonore. Les sorties festives restent également un contexte d’exposition important : plus d’un tiers des jeunes fréquentent concerts, festivals ou soirées sans protection auditive.

Mais le bruit ne concerne pas uniquement les loisirs. Les jeunes déclarent aussi être régulièrement exposés dans les transports, dans leurs lieux d’études ou sur leur lieu de travail, rappelant que les risques auditifs constituent également un enjeu de santé au travail, notamment pour les jeunes en apprentissage ou en début de carrière.

Les premiers signes d’atteinte sont déjà là

Les atteintes auditives ne constituent pas un risque théorique.

Deux jeunes sur trois (67 %) déclarent avoir déjà ressenti des sifflements ou des bourdonnements après une exposition au bruit. Cette proportion atteint près de huit sur dix parmi ceux qui reconnaissent adopter des comportements à risque. Les travaux qualitatifs mettent également en évidence d’autres manifestations déjà expérimentées par certains jeunes, comme la fatigue auditive, les maux de tête ou le besoin de retrouver le silence après une exposition sonore importante.

Un programme pluri-annuel pour transformer la prise de conscience en action

Face à ce constat, la Fondation Pour l’Audition lance en septembre 2026 un programme pluriannuel de prévention en santé auditive destiné aux jeunes. L’ambition est de transformer une prise de conscience déjà largement présente en comportements réellement protecteurs. Car si les jeunes savent que le bruit peut endommager leur audition, ils peinent encore à mesurer pleinement les conséquences d’une atteinte auditive et son caractère irréversible.

À travers des campagnes de sensibilisation, des actions de prévention et des contenus adaptés aux usages des jeunes, la Fondation entend rappeler une réalité simple : l’audition est un capital précieux, fragile et non remplaçable.

« Les résultats de cette enquête montrent que les jeunes ne manquent pas de connaissances sur les risques auditifs. Le défi est désormais de transformer cette conscience du risque en comportements protecteurs. Alors que deux jeunes sur trois ont déjà ressenti des signes de souffrance auditive, il est essentiel de rappeler que l’audition est un capital qu’il faut préserver dès aujourd’hui », déclare Denis Le Squer, directeur de la Fondation Pour l’Audition.

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