Alors que la création d’un ordre coince toujours du côté législatif, une majorité des audioprothésistes semblent y être favorables. C’est en tout cas ce qui ressort d’un récent sondage réalisé par Odoxa pour le CNA.
L’institut de sondage a interrogé un panel représentatif de 301 audioprothésistes. 73 % d’entre eux sont pour à la création d’un ordre « pour réguler la profession et faire respecter la déontologie ». Pour 27 %, « ces besoins sont déjà remplis ». Dans le détail, ce sont les jeunes (82 %) et les diplômés d’État (75 %) qui sont les plus favorables. Ces résultats confirment notre récent sondage, où 72 % des 354 personnes sondées se disaient pour la création d’une telle instance.

Malgré cette majorité, les amendements déposés par différents parlementaires lors de l’examen du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ou du Projet de loi de lutte contre la fraude ont été jugés irrecevables. Quant à la proposition de loi du député François Gernigon, déposée peu avant la dissolution de l’Assemblée nationale, elle n’est toujours pas à l’ordre du jour des discussions parlementaires. Lors d’un débat que nous avions organisé, Lionel Collet, alors conseiller d’État et fin connaisseur du système législatif, avait indiqué qu’un décret d’actes était un préalable à la création d’une instance ordinale. Or, les amendements visant à la rédaction d’un tel décret n'ont jusqu'à maintenant pas rencontré plus de succès.
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Autre information apportée par le sondage Odoxa/CNA : les audioprothésistes favorables à un ordre sont prêts à s’acquitter d’une cotisation ordinale. 82 % jugent raisonnable un montant de 300 € annuels. Le pourcentage chute à 44 % pour 400 €, et dégringole à 6 % pour 700 €. À noter que les sondeurs n’ont pas proposé de montant inférieur à 300 €. La majorité des répondants a donc opté pour la cotisation la moins élevée.
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Autre cheval de bataille du CNA – aux côtés du SDA et de la Fnéa : la régulation de la publicité. Une question portait sur les mauvaises pratiques et la publicité mensongère. Pour 77 % des répondants, les patients n’en sont pas suffisamment protégés. Chez les indépendants, ce chiffre atteint même 84 %. À noter qu’à l’instar des amendements visant à créer un ordre des audioprothésistes, ceux ayant pour objectif d’interdire la publicité sur les aides auditives ont pour l’instant été jugés irrecevables.
Par ailleurs, le sondage interroge les audioprothésistes sur la question du contrôle de la profession. 61 % des sondés estiment que les pratiques professionnelles et les autorisations d’exercices – deux éléments qui auraient pu faire l’objet de questions séparées – ne sont pas assez contrôlées (20 % pas du tout, 41 % pas vraiment).

