01 Juin 2022

Jamais trop tard pour implanter ?

Traditionnellement, les adultes atteints d’une surdité prélinguale ne se voient en général pas proposer d’implant cochléaire. Par le passé, les tentatives se sont révélées globalement décevantes. Mais une récente étude montre que certains patients en tirent un bénéfice.

Par Bruno Scala
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A priori, l’implant cochléaire n’est pas parfaitement indiqué pour les adultes atteints de surdités profondes bilatérales prélinguales. En effet, plus la déprivation sensorielle a été longue – a fortiori au moment du développement du langage – moins l’implantation est efficace. « Aujourd’hui, on voit arriver de jeunes adultes avec des surdités prélinguales, nous rapportaient la Dr Isabelle Mosnier, responsable de l’unité implants auditifs et explorations fonctionnelles audiovestibulaires, à la Pitié-Salpêtrière (Paris), dans un récent entretien. Ils expriment une volonté d’amélioration et se sont en général bien renseignés sur l’implant. Leurs attentes sont réalistes. Dans ces cas-là, on implante. »

Et les résultats sont au rendez-vous. Chez certains de ces patients, l’implant cochléaire apporte en effet des bénéfices, notamment sur la compréhension de la parole dans le silence et sur la qualité de vie. C’est ce que montre une récente étude menée sur 34 patients par l’équipe d’Isabelle Mosnier [1].

Ces patients ont tous été diagnostiqués avant l’âge de 4 ans et implantés à un âge moyen de 32 ans. Ils ont réalisé des tests de compréhension de la parole dans le silence et répondu à des questionnaires de qualité de vie avant et après implantation (3, 6 et 12 mois, puis chaque année). Les résultats ont fait apparaître deux groupes de patients : ceux qui avaient déjà, avant l’implantation, une bonne compréhension avec des aides auditives et de bonnes capacités de communication et de langage. « Ces 15 patients affichent des performances proches de celles de patients avec surdité post linguale, avec une bonne intelligibilité, sans lecture labiale », se réjouit l’ORL parisienne. En outre, ils rapportaient une qualité de vie améliorée. Pour les autres, en revanche, ni la qualité de vie ni les performances auditives ne progressaient. En revanche, « tous considéraient que l’implant les aidait pour la lecture labiale », précise Isabelle Mosnier.

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