24 Octobre 2022

La Fondation pour l’audition et les associations de sourds et malentendants demandent une extension du 100 % Santé aux appareils de classe II

Lors de la soirée annuelle de la Fondation pour l’audition, « Ensemble, à l’écoute de la vie », qui s’est tenue le 20 octobre 2022 au 28 George V, à Paris, son directeur général, Denis Le Squer, s'est fait l'écho des associations de patients et a appelé à étendre le dispositif du 100 % Santé aux appareils de classe II pour les enfants et les patients atteints de surdités sévères, profondes ou complexes.

Par Ludivine Aubin-Karpinski

Fondation pour l audition
« La réforme du 100 % santé peut encore aller plus loin ». Le Directeur général de la Fondation pour l’audition, Denis Le Squer, a profité de la soirée annuelle de la fondation pour annoncer son souhait, aux côtés des associations le Bucodes Surdifrance, l’Unapeda et Unanimes, d’« une extension du 100 % santé sans reste à charge pour les enfants appareillés et pour les adultes concernés par une surdité sévère, profonde ou complexe ». « Ça va être un chantier très important mais nous ne lâcherons pas avec les associations, a-t-il insisté. Nous souhaitons avec l’ensemble des partenaires mener des discussions car ce dossier aujourd’hui n’est pas acceptable, nous ne sommes pas dans une égalité de traitement ».

Les associations dénoncent l’exclusion d’une partie des sourds et malentendants du 100 % Santé depuis sa mise en place et militent en faveur d’un remboursement des appareils de classe II aligné au minimum sur celui des appareils de classe I. En effet, de nombreux experts, comme le Pr Bernard Fraysse, président de l’Ifos, estiment que certains patients devraient bénéficier d’une technicité supérieure et se retrouvent donc pénalisés par la réforme. « Ces patients doivent ainsi choisir entre un appareil intégralement remboursé mais non adapté ou à devoir s'acquitter d’un reste à charge important pour se procurer la seule catégorie d’appareils qui leur apportera un réel bénéfice », expliquait-il. Et d’indiquer que « la nomenclature devrait individualiser ces situations complexes ».

2 millions d’enfants et d’adultes concernés

Le Bucodes SurdiFrance et Unanimes avaient déjà, dans un communiqué commun paru le 22 mars 2021, alerté les pouvoirs publics de l’exclusion des personnes souffrant d’une surdité sévère ou profonde et des enfants de la réforme du 100 % Santé. Selon les deux fédérations, proposer un remboursement des appareils de classe II pour ces patients est « indispensable » : « Les appareils de classe II permettent d’accéder à des programmes essentiels pour améliorer l’écoute » et leur offrir la possibilité de pouvoir mener une vie professionnelle ou scolaire convenable. « Nous souhaitons garantir à chacun de pouvoir acquérir un appareillage répondant à ses besoins, notamment en termes de communication et d'accessibilité, sans reste à charge conséquent », soulignaient-elles.

Pour Yann Griset, président du Bucodes Surdifrance, cette mesure souhaitée par les associations et soutenue par la Fondation pour l’audition viendrait finalement parfaire l’exhaustivité du 100 % Santé, dont l’ambition est de permettre l’accès à l’appareillage au plus grand nombre. « Grâce à cette réforme, le taux d’équipement a nettement progressé et a permis notamment à une grande majorité de personnes souffrant de presbyacousie de se procurer des aides auditives sans reste à charge, commente-t-il. C’est une première étape réussie mais il faut aller plus loin aujourd’hui et étendre le dispositif à tous ceux qui en sont encore exclus, les enfants et les adultes atteints de surdités sévères, profondes, complexes. Ce public, dont le handicap a un retentissement important au quotidien, ne peut actuellement pas faire autrement que de s'acquitter d’un important reste à charge pour accéder à des technologies ou fonctionnalités essentielles pour une réhabilitation optimale. » Cette mesure concernerait 2 millions d’enfants et adultes, selon les projections des associations. « C’est peu finalement quand on sait qu’une politique de prévention et de prise en charge de la déficience auditive permet un retour sur investissement de 37 $ pour 1 $ investi dans les pays à revenus élevés », estime Yann Griset.

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