Les lois financières sont cruelles. Le 10 juin, dans un communiqué de presse, l'entreprise française Sensorion a annoncé qu’elle mettait fin à son essai clinique concernant le traitement de la surdité DFNB9 par thérapie génique.
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Si on considère cette annonce par le prisme économique, elle est finalement logique. Sensorion avait pris du retard par rapport à ses concurrents, chinois et surtout états-uniens. En effet, Regeneron avait obtenu en avril une autorisation de mise sur le marché de son traitement Otarmeni, et fait des demandes pour le marché européen. Sachant que cette surdité ne concerne qu’une dizaine de patients par an en France, une cinquantaine aux États-Unis, et donc probablement pas plus d’un millier dans l’ensemble des pays où ce traitement sera disponible à terme, le gâteau est trop petit pour être partagé !
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Mais on ne peut pas s’empêcher de se désoler. D'abord pour les enfants déjà engagés dans l’essai clinique Audiogene, même si Sensorion assure qu’ils seront suivis. Pour toutes les équipes, notamment en France, qui ont participé à ce projet, depuis des décennies, et dont certaines ont appris la nouvelle en lisant nos colonnes. Et puis, pour la recherche française, qui rate le coche, alors qu’elle avait fourni toutes les bases scientifiques pour la mise au point de ce traitement.
Tout n’est pas perdu, bien sûr. Et tout ce que Sensorion a engrangé d’expérience sur ce projet lui servira pour sa nouvelle priorité : la surdité génétique la plus commune, celle causée par la mutation du gène GJB2.
En espérant que l’histoire ne se répète pas...
