27 Mai 2026

Les patients sourds ont un cerveau plus âgé

Une récente étude montre que les patients malentendants candidats à l'implantation cochléaire ont un âge cérébral supérieur à leur âge chronologique. Cette différence serait liée à un risque de démence accru.

Par Bruno Scala
homme vieux pixel

On connait bien l’âge chronologique, celui qui comptabilise les années vous séparant de votre naissance. L’âge cérébral, lui, est moins connu. Il s’agit d’un biomarqueur utilisé en neurologie, qui détermine l’âge physiologique de votre cerveau. Une équipe de recherche menée par l’ORL grenobloise Raphaële Quatre vient de publier des travaux dans Ear and Hearing qui montrent que les patients souffrant de surdité (sévère à profonde en l’occurrence) ont un âge cérébral supérieur à leur âge chronologique. Sur les 69 patients inclus dans cette étude, l’âge chronologique était de 64,1 ans, tandis que l’âge cérébral était de 69,6 ans.

Selon les auteurs de l’étude, cette différence d’âge « apporte la preuve de modifications des schémas de vieillissement cérébral chez les adultes malentendants ». Cela ne doit pas être interprété comme un diagnostic, est-il précisé dans la publication, mais « reflète plus probablement une réorganisation cérébrale globale [due à une déprivation sensorielle] qu’une neurodégénérescence spécifique à une maladie ». Toutefois, des changements similaires ont été associés à des risques accrus de démence dans d’autres études. 

À lire aussi | ▶ Un mécanisme pour expliquer le lien entre audition et cognition

Par ailleurs, étant donné que les patients inclus dans cette étude étaient tous candidats à l’implantation cochléaire, et donc équipés d’aides auditives correctement réglées, les auteurs des travaux en déduisent que « les appareils auditifs seuls semblent insuffisants chez ces patients pour réduire l’impact du vieillissement cérébral ». C’est sur la base de ce constat que ces scientifiques alertent sur l’importance de réhabiliter l’audition le plus tôt possible chez les patients malentendants. D’autant que les analyses montrent que les patients dont la déprivation sensorielle a été longue et pour lesquelles la réhabilitation a été tardive ont un écart d’âge cérébral plus important. 

▶ R. Quatre et al. Ear and Hearing, 2026, doi : 10.1097/AUD.0000000000001824

Offres d'emploien partenariat avec audixion.fr

Voir plus d'offres

Newsletter

Newsletter

La newsletter Audiologie Demain,

le plus sûr moyen de ne jamais rater les infos essentielles de votre secteur...

Je m'inscris