La mise en place de la réforme du 100 % Santé au début des années 2020 a fait chuter le reste à charge des assurés dans les trois secteurs concernés : l’optique, le dentaire et – en particulier – l’audio.
Mais les restes à charge pour ces trois secteurs restent très élevés. Selon une analyse de la Drees sur les chiffres de 2023, ils représentent à eux seuls la moitié de ce qu’un assuré doit encore payer après remboursement par les complémentaires. Ainsi, en 2023, ce montant global s'élevait en moyenne à 146 €, dont 11 € pour les aides auditives, 24 € pour les prothèses dentaires et 32 € pour l’optique.

C'est surtout chez les personnes âgées que le reste à charge pour des aides auditives augmente, et ce, pour deux raisons. D'une part parce que ce sont ces personnes qui ont le plus recours à ces équipements. D'autre part parce que la réforme du 100 % Santé est principalement financée par les complémentaires santé, dont les cotisations augmentent avec l'âge. Cette population n’aura donc pas forcément les moyens de choisir des contrats bien couvrants. Ainsi, en moyenne, le reste à charge d'un assuré de 70 ans ou plus s'élevait à 289 € en 2023, dont 44 € pour l’audioprothèse.
En revanche, on note un reste à charge plus important chez les personnes dont les revenus sont plus importants. En audio, il est compris entre 17 et 19 € pour les 30 % les plus aisés, contre 3 à 7 € pour les 30 % les moins aisés. Le reste à charge sur les dispositifs du 100 % Santé étant en grande partie due à la liberté tarifaire, cela laisse supposer que ces populations plus aisées optent davantage pour des produits moins bien couverts – donc des aides auditives de classe 2.

À l'heure où l'articulation AMO/AMC est en discussion pour le 100 % Santé, cette analyse de la Drees pourrait permettre d’orienter les débats.
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