24 Juin 2026

Journée Scientifique Audilab 2026 : vers une audiologie plus personnalisée

Exploitation des données, intelligence artificielle et nouvelles approches diagnostiques étaient au cœur des échanges de la Journée Scientifique Audilab 2026, qui a réuni 150 audioprothésistes du réseau le 12 juin à Tours. Avec un objectif : mieux comprendre chaque patient pour personnaliser davantage la prise en charge.

Par Ludivine Aubin-Karpinski
Journee Audilab
en haut à droite ; Benoît Roy, Julie Bestel, Martin Chavant ; en bas à droite : Julie Bestel et François Dejean

« Chaque année, nous réunissons l’ensemble des audioprothésistes du réseau pour partager les travaux menés collectivement, faire intervenir des experts reconnus et valoriser l’engagement de tous ceux qui contribuent à nos projets scientifiques, rappelle Benoît Roy, président d’Audilab. Notre ambition est de faire progresser nos pratiques pour garantir un parcours patient remarquable et une satisfaction optimale. »

Un pôle scientifique structuré

C’est Julie Bestel, la responsable du Comité scientifique organisateur de cette journée, qui a ouvert le bal, avec la présentation des travaux menés au cours de l’année. Ses missions se sont développées au fil du temps et s’étendent du co-encadrement des mémoires d’étudiants, à la production de contenus scientifiques, en passant par la formation interne et l’organisation de visioconférences ou encore à la participation à des congrès et symposiums. Parmi les projets en cours figurent plusieurs études cliniques, dont une observationnelle prospective sur le test ACT de Diatec et le lancement d’une étude rétrospective exploitant les données collectées dans certains centres Audilab. « Le grand pas que nous essayons aujourd’hui de franchir, c’est celui du big data, souligne Julie Bestel. Nous collectons énormément de données tout au long du parcours patient au sein du réseau. L’enjeu est désormais de les faire parler de manière fiable et sécurisée. »

Audilab 7/7 : quand la donnée enrichit la compréhension du patient

Cette réflexion s’appuie notamment sur l’appli Audilab 7/7, un outil de support clinique désormais largement déployé au sein du réseau. Plus de 20 000 patients ont déjà contribué à alimenter cette base de données, grâce aux informations recueillies lors des rendez-vous et aux questionnaires complétés au fil de leur prise en charge. L’objectif vise à mieux prendre en compte les spécificités de chacun. « Un patient n’est pas uniquement une perte auditive mesurée par son audiométrie, rappelle Julie Bestel. Il y a aussi son ressenti, sa gêne, ses attentes et son vécu. » Grâce aux données structurées issues d’Audilab 7/7, il est ainsi possible de regrouper des clusters de patients, de repérer des atypies et de mieux comprendre les facteurs qui influencent la satisfaction ou l’adhésion à l’appareillage. Une étude, menée dans le cadre d’un mémoire de fin d’année de l’étudiant Vincent Serrière dans cinq centres du réseau – ceux de Julie Bestel et d’Hervé Villois –, vise ainsi à identifier les signaux associés aux abandons pendant la période d’essai ainsi que les pratiques les plus favorables à la satisfaction des patients.

À lire aussi | ▶ Une journée scientifique pour nourrir la recherche et la pratique au sein du réseau Audilab

La génétique, un facteur encore méconnu de certaines presbyacousies

Sophie Boucher
La Dr Sophie Boucher, du service ORL du CHU d'Angers, attachée au laboratoire Mitolab MITOVASC de l'université d'Angers.
Parmi les temps forts de la journée, l’intervention de la Dr Sophie Boucher, du CHU d’Angers, consacrée aux formes génétiques de surdité chez l’adulte, a retenu l’attention des participants. « La presbyacousie est souvent considérée comme un immense fourre-tout, a expliqué l’ORL. Or, derrière certaines surdités attribuées au vieillissement pourraient en réalité se cacher des formes tardives de surdités génétiques. » Des travaux récents [1] révèlent que, parmi les 10 % des adultes de plus de 40 ans présentant les pertes auditives les plus sévères, près d’un quart pourrait être concerné par une forme génétique sous-jacente. Comment les identifier ? « Il n’existe pas une signature audiométrique spécifique mais il y a un faisceau d’arguments qui doivent attirer l’attention des audioprothésistes : une inadéquation des seuils avec l’âge et le sexe – on peut se référer à la norme ISO 7029 –, une atteinte des basses fréquences, des courbes audiométriques atypiques (en cupule) ou encore l’existence d’antécédents familiaux similaires », indique la Dr Sophie Boucher.

Mais avant d’évoquer une origine génétique, il est indispensable d’éliminer les autres facteurs connus tels que le vieillissement physiologique, l’exposition au bruit, les traitements ototoxiques (aminoglycosides, cisplatine, solvants) ou encore les pathologies métaboliques comme le diabète ou l’hypertension. Au-delà de l’intérêt diagnostique, l’identification d’une origine génétique permet d’informer le patient sur l’évolutivité de sa surdité ou le risque de transmission aux descendants et parfois de dépister d’autres atteintes associées. « La surdité peut se tenir sur le devant de la scène, avec, par exemple, une pathologie rénale en embuscade », commente la Dr Sophie Boucher.

À lire aussi | ▶ « Il existe un continuum génétique entre surdité précoce et certaines formes de presbyacousie » 

[1] Sophie Boucher et al. Proc Natl Acad Sci U S A. 2020. doi:10.1073/pnas.2010782117

Offres d'emploien partenariat avec audixion.fr

AUDIOPROTHESISTE EN CORNER
PEYROLLES EN PROVENCECDI
AUDIOPROTHESISTE EN CORNER
PEYROLLES EN PROVENCECDI

Voir plus d'offres

Newsletter

Newsletter

La newsletter Audiologie Demain,

le plus sûr moyen de ne jamais rater les infos essentielles de votre secteur...

Je m'inscris