
Les surdités unilatérales ou asymétriques interrogent les approches traditionnelles de la réhabilitation auditive. Longtemps considérées comme moins invalidantes que les surdités bilatérales, elles sont désormais reconnues pour leurs conséquences fonctionnelles majeures, qui dépassent la simple élévation des seuils auditifs. La perte de la binauralité compromet la localisation spatiale, altère la compréhension de la parole dans le bruit, augmente la charge cognitive et peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie. Leur prise en charge constitue ainsi un enjeu clinique majeur, qui suppose une évaluation fine des capacités auditives résiduelles afin d'adapter la stratégie thérapeutique aux besoins de chaque patient.
L'évolution des indications d'implantation cochléaire et le développement des stratégies de réhabilitation ont profondément renouvelé les possibilités de prise en charge. Mais ils soulèvent également plusieurs questions : comment déterminer la stratégie la plus adaptée au profil auditif ? Quels bénéfices attendre des différentes options en matière de restauration de la binauralité, de compréhension de la parole et de performances fonctionnelles ?
Dans ce contexte, la bimodalité, associant un implant cochléaire sur une oreille et une aide auditive controlatérale, suscite un intérêt croissant. En combinant stimulation électrique et amplification acoustique, elle permet d'optimiser les performances auditives chez certains patients présentant une surdité asymétrique.
Ces évolutions témoignent d'un changement de paradigme dans la prise en charge des surdités unilatérales et asymétriques et ont constitué le fil conducteur du 17e Congrès de la SFA, consacré aux connaissances actuelles, aux indications et aux perspectives de réhabilitation. que scientifiques et cliniciens reconnaissent désormais l'importance de la musique en tant qu'expérience humaine unique, à laquelle les personnes souffrant de troubles auditifs devraient également pouvoir accéder.