« De tels niveaux de rentabilité nécessitent de renforcer les actions de régulation économique ». Cette phrase cinglante, tiré du rapport « Charges et Produits » de l'Assurance maladie l'an dernier, avait scandalisé les acteurs de l’audioprothèse. Ce secteur, comme celui de la dialyse ou de la radiologie, était jugé trop rentable, et il fallait sévir. L'Assurance maladie proposait une clause de sauvegarde, un contrôle des tarifs, etc.
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Le secteur, d'une seule voix, s'était insurgé. Non, l’audio n'était pas si rentable que cela, il suffisait de ne pas concentrer l'analyse sur les premières années suivant la mise en place du 100 % Santé pour s’en rendre compte, affirmaient les syndicats. La nouvelle mouture du rapport « Charges et Produits », publié hier par l’Assurance maladie, leur donne raison. Après ces années, « la rentabilité du secteur de l’audioprothèse a ensuite progressivement diminué », peut-on y lire, même si les auteurs notent qu’elle a atteint « en 2023 un niveau toujours supérieur de +10% à celui de 2018 ». L’Assurance maladie, qui met toujours un certain temps à compiler les données, n’a pas pu pousser l’analyse après cette date, mais la rentabilité en audio est certainement revenue en 2024 à des niveaux similaires à ceux de 2018.
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L'analyse montre en outre que cette rentabilité (EBE/CA) est en sérieuse baisse depuis 2021. Cette année-là, elle était deux fois supérieure à celle de 2018. Puis, en 2022, elle était 50 % supérieure à celle de 2018 (voir graphe). En 2023, elle atteint 13,9 % (contre 15,8 % l’an dernier). En résultat net / CA, elle atteint 7,9 % pour l’audio, contre 9,2 % en 2022. En comparaison, la radiothérapie est à 24,4 %, la médecine nucléaire à 17,2 %, la biologie à 11,5 %.
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Quant au chiffre d'affaires moyen, il était de 1,51 M€ en 2018 et se fixe à 1,22 M€ en 2023, très loin de la biologie (9,80 M€) ou de la radiothérapie (12,9 M€). Parmi les huit secteurs considérés dans l’analyse*, l’audio est le seul à avoir un chiffre d’affaires en baisse entre 2018 et 2023. De quoi calmer les envies de régulations financières du secteur ?
* Anatomopathologie, biologie, dialyse, médecine nucléaire, pharmacie d’officine, radiologie et radiothérapie.
