Il est le nerf de la guerre. L’outil dont il serait bien difficile de se passer. Véritable colonne vertébrale du centre d’audioprothèse, le logiciel métier ne se contente pas d’être une aide à la gestion : il accompagne l’organisation, la qualité de la prise en charge et la performance globale. Adaptabilité, interopérabilité, ergonomie, accompagnement de l’éditeur, sécurité et traitement des données patient… Nombreuses sont les fonctionnalités qui ont un impact direct sur le fonctionnement quotidien de votre laboratoire. D’où l’importance de bien choisir le logiciel qui soutiendra durablement votre activité.
Penser usages avant fonctionnalités
Pour Édouard Chantrier, éditeur du logiciel Osmose, « faire le bon choix pour son logiciel métier, c’est opter pour celui qui répond à votre organisation, pas l’inverse ». Dès lors, une introspection des pratiques s’impose : qui saisit les dossiers ? Qui gère les devis, la télétransmission, les relances, la facturation ? Où se situent les sources d’erreurs, les pertes de temps ? « La vraie question n’est pas ce que le logiciel métier sait faire, mais ce que l’audioprothésiste souhaite simplifier dans son quotidien », souligne de son côté Thibaut Gressier, audioprothésiste et éditeur du logiciel AudioWizard.
L’essentiel ne se joue pas sur les fonctionnalités, mais sur le service, le suivi et l’accompagnement.
Thibaut Gressier, éditeur du logiciel AudioWizard.
C’est ce qui en fait un choix structurant : un investissement de long terme qui façonne l’organisation du centre, l’efficacité des équipes et le confort d’exercice au quotidien. Mais le logiciel métier doit aussi savoir se faire oublier pour devenir un outil naturel, fluide, au service de la pratique. Un enjeu qui dépasse la simple organisation interne : en 2021, l’étude EuroTrak a montré que la simplicité administrative faisait partie du top 5 des attentes des patients envers les audioprothésistes.
Un logiciel au coeur de l’écosystème du centre
Le choix d’un logiciel métier se joue aussi sur sa capacité à s’inscrire dans un écosystème interopérable. Pour Édouard Chantrier, c’est un point central : « L’outil doit être au coeur de l’organisation, mais aussi au coeur des acteurs de l’écosystème : assureurs, financeurs, plateformes de rendez-vous, comptabilité ». L’objectif est d’éviter les ressaisies, les ruptures de flux et la dispersion de l’information, au profit d’une circulation fluide des données.
La structure des centres pèse également dans la décision d’opter pour un logiciel plutôt qu’un autre. « Dès que l’on passe du mono-site aux multicentres, les besoins changent », rappelle le président d’Osmose. Bases patients partagées, gestion transverse, pilotage global, continuité de l’expérience patient : ces exigences doivent être intégrées dès la réflexion initiale.
La maitrise des données est un autre un enjeu stratégique. Hébergement, exploitation, dépendance aux grandes plateformes et aux groupes assurantiels interrogent la souveraineté numérique des centres d’audioprothèse. « La question de la localisation et de la maitrise des données est essentielle, confirme Thibaut Gressier. Où sont-elles hébergées, qui y a accès, et comment sont-elles utilisées ? C’est un point auquel il faut être très attentif quand on signe pour un logiciel métier. »
Sécuriser son choix sur le terrain
Au-delà des critères techniques et stratégiques, le choix d’un logiciel métier se confronte toujours à l’épreuve du réel. Ce sont souvent les conditions d’appropriation, de déploiement et d’usage qui révèlent les fragilités des décisions prises trop rapidement.
S’appuyer uniquement sur un discours commercial ou une démonstration séduisante reste ainsi un piège fréquent. Pourtant, rappelle Édouard Chantrier, « la confiance n’exclut pas le contrôle. Il faut demander des démonstrations, tester, vérifier avant de signer quoi que ce soit ». Autre erreur récurrente : sous-estimer la complexité opérationnelle d’un changement d’outil. Grégory Gerbaud, audioprothésiste, qui a comparé et utilisé différents logiciels métier, alerte sur ce point : « La migration des bases patients, la reprise des historiques, la formation des assistantes, le paramétrage des workflows… tout cela prend du temps et mobilise les équipes, il faut en avoir conscience ». Enfin, réduire sa décision à une logique de cout immédiat expose à des choix contreproductifs. « Le prix ne doit jamais être le critère principal : ce qui compte, c’est ce que le logiciel va permettre réellement de gagner en efficacité, en temps et en structuration », rappelle Thibaut Gressier, avant de conclure : « L’essentiel ne se joue pas sur les fonctionnalités, mais sur le service, le suivi et l’accompagnement. »

