Les opticiens peuvent désormais intervenir dans les Ehpad. Un décret d’application, publié au Journal officiel le 14 juin, « permet à l'opticien-lunetier de se rendre en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes afin de réaliser un examen de la réfraction et délivrer, si besoin, des équipements optiques ».
Ce texte vient généraliser un dispositif qui avait préalablement été testé dans les régions Normandie et Centre Val de Loire depuis 2022, suite à une loi de 2019 portée par l’ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin Le Bodo. Alors qu’elle était en poste, nous l’avions interrogée sur les motivations de cette loi. « Le fait de ne pas disposer d’une vue corrigée a un retentissement médico-social : quand on ne voit pas bien, on ne participe pas à la vie de l’établissement, avait répondu la ministre. C’est un motif de dégradation de la qualité de vie et d’isolement. »
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Une situation qui n’est pas sans rappeler celle des malentendants institutionnalisés, ce que nous lui avions fait remarquer. « La situation des personnes malentendantes en Ehpad n’est pas satisfaisante comme le fait de ne pas voir ne l’est pas, avait-elle réagi. Si on peut avancer, il faut le faire. »
Là où les opticiens peuvent adapter des lunettes dans le cadre de renouvellement, les audioprothésistes n’ont pas cette compétence.
Agnès Firmin Le Bodo
Toutefois, un obstacle supplémentaire empêche les audioprothésistes d’intervenir dans les Ehpad, faisait remarquer Agnès Firmin Le Bodo : « Là où les opticiens peuvent adapter des lunettes dans le cadre de renouvellement, les audioprothésistes n’ont pas cette compétence. (...) Il faut à la fois leur permettre d’aller vers les malentendants en perte d’autonomie et travailler sur ce transfert de tâches. »
Quatre ans après, la situation en audioprothèse a un peu évolué. Tous les acteurs sont aujourd’hui d’accord pour dire que cette situation n’est pas acceptable et que des propositions doivent être faites. Des projets d’expérimentation Article 51 ont été soumis ou sont en cours d’élaboration pour que les malentendants institutionnalisés soient pris en charge, notamment celui porté par le Gérontopôle des Pays de la Loire.
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