En France, la prise en charge des sujets âgés n'est pas à la hauteur de l'enjeu sanitaire que représente l'accroissement de cette population. Les récentes révélations sur ce qu'il se passe dans certains Ehpad ou le report sine die de la loi « grand âge » – remplacée par une peu ambitieuse loi « bien vieillir » – en sont des exemples flagrants. La prise en charge de la surdité n'échappe pas à cette situation.
Depuis des décennies, les professionnels de l’audition savent que la santé auditive est essentielle au bien vieillir. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) la reconnaît aujourd’hui comme un service à intégrer aux systèmes de santé, indissociable des politiques de prévention de la perte d’autonomie et de préservation du lien social et de la cognition.
Pourtant, les personnes très âgées, fragiles ou dépendantes, à domicile ou en Ehpad, ne bénéficient pas ou peu aujourd’hui des politiques mise en place pour un meilleur accès à l'audition. La pénurie de spécialistes et le cadre réglementaire actuel ne permettent pas – ou très difficilement – le repérage des troubles auditifs, l’appareillage et le suivi de cette population.
Des initiatives comme les actions du Gérontopôle Pays-de-la-Loire ou l’intégration de l’audition dans le programme Icope à Toulouse montrent que des solutions existent. Ces programmes, globaux, pluridisciplinaires et coordonnés, doivent aujourd’hui servir de modèles et être étendus, dupliqués et développés, pour que la santé auditive devienne enfin un pilier du bien vieillir pour tous.