« Nous lançons un plan national pour fédérer les différentes initiatives »

L’Association nationale de l’audition vient d’annoncer le lancement d’un plan national pluriannuel dédié à l’audition des personnes âgées. Son objectif : fédérer les initiatives existantes ou à venir et former à l’accompagnement de ce public. Entretien avec le Pr Jean- Luc Puel, président de l’ANA.

Propos recueillis par Bruno Scala
puel orange
Pr Jean-Luc Puel, Président de l’ANA

L’ANA va lancer un plan national baptisé Audition & Grand âge. Qu'estce qui vous a poussés à choisir ce thème ?

Cela vient d’un double constat. Tout d’abord, on a tous dans notre entourage des parents ou des grands-parents, en Ehpad ou à domicile, qui ne bénéficient d’aucun accompagnement pour leur audition. Et ce, même s’ils sont appareillés : les aides auditives ne sont pas portées, les piles sont mortes, les appareils encrassés, il y a un bouchon de cérumen, etc. C’est un vrai enjeu de société.

Ensuite, je constate qu’il y a plein de bonnes volontés dans le secteur, beaucoup de petites initiatives qui sont mises en place, même de la part de certaines enseignes, mais tout cela est réalisé de façon non coordonnée à l’échelle nationale. L’objectif de ce plan « Audition & Grand âge » est de fédérer tous les acteurs qui travaillent et gravitent autour du grand âge, que chacun nous fasse part de ses expériences et qu’on avance ensemble : audioprothésistes, ORL, gériatres, infirmiers, aides-soignants, directeurs d’Ehpad, dirigeants d’enseignes, mutuelles... Ça peut fonctionner car c’est un projet humaniste.

Concrètement, qu’envisagez-vous pour la prise en charge des seniors ?

Ce plan a été développé par Christian Renard, et nous voulons capitaliser sur son expérience et généraliser ce qu’il a développé dans les Hauts-de-France. Il s’agit donc de former les professionnels qui sont au contact des personnes âgées, notamment en Ehpad, afin qu’ils soient en mesure de les accompagner dans le cadre de leur santé auditive : réaliser une otoscopie, mettre une aide auditive, la nettoyer, changer les piles ou la charger, prévoir un déplacement chez un ORL en cas de bouchon, etc.

L’ANA étant une association à but non lucratif, et donc libre de toute suspicion de conflit d’intérêts, je pense qu’elle est le bon vecteur pour mener à bien cette mission.

Comment comptez-vous former le personnel ?

La formation constitue la première phase du projet. Un des moyens est notamment de mobiliser les étudiants en audioprothèse au cours de leur stage en service de gérontologie. Nous allons aussi faire appel à toutes les bonnes volontés. Je sais qu’il existe des audios volontaires pour donner une demi-journée de temps à autre afin de former des gériatres à l’accompagnement des personnes appareillées.

Nous allons aussi avoir besoin de moyens financiers, et pour cela, je souhaite mobiliser les audioprothésistes et les enseignes. Nous envisageons la création d’un label, qui certifierait de l’adhésion des centres audio ou des enseignes à ce grand plan. Nous comptons aussi sur toutes les fondations dans le domaine de l’audition et du grand âge, les mutuelles, les grands groupes d'Ehpad du secteur privé, mais aussi les municipalités, les départements et les régions engagés dans la prévention, l’inclusion et la qualité de vie des personnes âgées. Chaque partenaire, selon ses moyens et ses missions, pourra contribuer à renforcer l’accès aux soins auditifs, soutenir les initiatives locales, et favoriser l’émergence de solutions nouvelles pour lutter contre l’isolement, la perte d’autonomie et les inégalités territoriales.

Ce plan traduit parfaitement la devise de l’ANA : « L’audition pour tous, et partout ».

Offres d'emploien partenariat avec audixion.fr

Voir plus d'offres

Newsletter

Newsletter

La newsletter Audiologie Demain,

le plus sûr moyen de ne jamais rater les infos essentielles de votre secteur...

Je m'inscris