03 Mars 2026

Quatre millions de séniors ne font rien contre leur perte auditive

Près de quatre millions de Français de 65 ans et plus vivraient avec une perte auditive non traitée. C’est l’un des constats de l’enquête OpinionWay dévoilée par l’Association nationale de l’audition à l’approche de la 29e Journée nationale de l’audition.

Par Ludivine Aubin-Karpinski
seniors

En amont de la 29e Journée nationale de l’audition qui se tiendra le 12 mars 2026, l’Association nationale de l’audition (ANA) dévoile les résultats de son enquête OpinionWay. Les enseignements sont préoccupants : près de 4 millions de Français de 65 ans et plus ne font rien pour compenser leur perte auditive, malgré ses impacts avérés sur l’autonomie et la qualité de vie.

Selon cette étude menée les 12 et 13 février 2026 auprès de 1 066 personnes représentatives de la population française, 21 % des Français déclarent souffrir de difficultés d’audition. Chez les 65 ans et plus, ce taux atteint 37 %, mais seuls 24 % sont appareillés. Un important décalage, alors même que 89 % des répondants estiment qu’« une bonne audition peut contribuer à retarder la perte d’autonomie » – une conviction partagée par 94 % des seniors.

Pourtant, les troubles de l’audition ne figurent qu’au 6e rang des inquiétudes de santé, derrière les cancers ou les troubles de la mémoire, et seul un Français sur deux se dit bien informé.

L’enquête montre en outre que si 92 % reconnaissent que les appareils auditifs améliorent la qualité de vie et 91 % qu’ils permettent de vivre normalement, des freins persistent, au premier rang desquels le cout (67 %), malgré le dispositif 100 % Santé, l’inconfort (43 %), les difficultés de réglage (42 %) ou l’esthétique (31 %). Surtout, près d’un Français sur deux considère l’appareillage comme un stigmate de l’âge. Autant de « freins symboliques et [d’]idées reçues [qui] limitent encore fortement l’adoption de solutions pourtant efficaces », est-il indiqué dans le communiqué de l’ANA.

Face à ce paradoxe, l’association annonce le lancement du plan national « Audition & Grand Âge 2026-2028 » qui vise à renforcer l’information sur les risques liés aux troubles auditifs, systématiser le dépistage précoce, accompagner les aidants et lever les freins psychologiques. Le dispositif a notamment pour ambition de former les soignants et les aidants pour que « bien entendre redevienne un droit accessible », « partout et pour tous », comme l’a martelé le président de l’ANA, le Pr Jean-Luc Puel, lors d’une conférence organisée par l’association, ce lundi 2 mars, sous l’égide du ministère de la Santé et avec le soutien de la Fondation pour l'audition.

À lire aussi | ▶ La santé auditive, pilier du bien vieillir

Offres d'emploien partenariat avec audixion.fr

Voir plus d'offres

Newsletter

Newsletter

La newsletter Audiologie Demain,

le plus sûr moyen de ne jamais rater les infos essentielles de votre secteur...

Je m'inscris