10 Avril 2026

Stop ou encore ?

Il est des signaux faibles qui deviennent assourdissants... comme les velléités des financeurs de réviser le 100 % Santé au motif qu’il constitue une ligne de dépense, dans un contexte économique particulièrement tendu. Pensée à l’origine pour servir de levier d’accès aux soins en audiologie, la réforme semble désormais considérée à travers un prisme plus comptable, celui de son coût.

Par Ludivine Aubin-karpinski & Bruno Scala
Edito web

Et les travaux gouvernementaux en cours sur l’articulation des dépenses entre l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé pourraient bien conduire à fragiliser l’édifice... Comme l’a rappelé Luis Godinho, vice-président du SDA, lors du dernier congrès des audioprothésistes, toucher à l’équilibre du 100 % Santé audiologie reviendrait à « compromettre les progrès observés depuis 5 ans ».

Ceux-ci sont indéniables. Pour autant, cela ne signifie pas que ce modèle est intangible. Agnès Buzyn, qui a porté la réforme, appelait en 2025 à poursuivre sa « transformation » pour assurer sa « soutenabilité ».

Ainsi le véritable enjeu n’est pas de « rétropédaler » pour réduire la facture, comme le soulignent Pierre Longerna, président du groupe Aides auditives du Snitem, et Benoît Roy, président du Synea, dans une interview commune (à lire prochainement), mais d’engager une réflexion collective afin de pérenniser le modèle. Car un système qui améliore l’accès aux soins tout en fragilisant son financement n’est pas viable. Mais un système qui y renonce ou le restreint pour des raisons budgétaires ne l’est pas davantage.

D’autant que la santé auditive a prouvé sa « rentabilité » : dans les pays à hauts revenus, chaque dollar investi permet un retour sur investissement de 37 dollars.

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