En France, le nombre de centres audios continue de croitre. Entre les débuts d’années 2025 et 2026, ce chiffre a augmenté de 5 %, passant de 7 898 en 2025 à 8 287 en 2026. On n’a jamais comptabilisé autant de centres en France. Certes, cette hausse a été très légèrement freinée par un ralentissement de la croissance du marché en 2025 – le nombre de points de ventes a crû de 8 et 7 % les années précédentes – mais la dynamique se maintient. On observe ainsi une croissance de 52 % depuis 2019.
Tendance des modèles
Dans ce paysage, certains modèles s’en sortent mieux que d’autres. Le modèle audiooptique est toujours celui qui concentre le plus de centres audios : 3 sur 10. Suivi de près par les indépendants sans enseigne nationale.
Nouveauté cette année : deux modèles n’ont pas vu leur nombre de centres progresser. Chez les succursalistes, il est égal à celui de l’an dernier, et chez les intégrés, il a très légèrement diminué. Ce sont les indépendants sans enseigne nationale qui ont vu la plus nette progression, à + 9 %.
Activité par centre
Avec un total de 8 287 centres début 2026 et 1,57 million d’aides auditives remboursées au cours de l’année 2025, cela représente une moyenne de 189 appareils par centre. En 2022, alors que le marché de l'audioprothèse était au plus haut, cet indice atteignait 218 unités par centre. Puis, le secteur a évolué et l’ouverture de centres a augmenté, avec 534 centres supplémentaires, tandis que le marché a ralenti. En 2023, il s’est ainsi vendu 198 aides auditives par centre en moyenne. Cette tendance s’est confirmée l’année suivante avec 180 aides auditives par centre. En 2025, le marché est reparti à la hausse, l’indice de vente par centre aussi. Ces chiffres confirment l’hypothèse d’un décalage temporel entre l’augmentation du nombre de centres et l’évolution de l’activité.
Quant au nombre d’aides auditives vendues (présentées au remboursement) par audioprothésiste, il est aujourd’hui de plus en plus difficile à estimer, la Drees n’ayant pas publié de données sur la démographie de la profession depuis 2024 (sans doute en raison du transfert du répertoire ADELI vers le RPPS). D’autant que ces répertoires recensent l’ensemble des professionnels de santé, mais ne disent rien sur leur activité. Or on a vu récemment apparaitre des audioprothésistes dans les rangs des chômeurs, ce qui complique encore plus les estimations.
Densité et adéquation avec les besoins
À noter que le nombre de centres augmente plus vite que les besoins. Alors qu’on comptait 0,9 centre pour 1 000 habitants de plus de 75 ans en 2020, on en dénombre aujourd’hui 1,2. De même, si l’on regarde les plus de 65 ans, ils étaient 13,74 millions en 2020, pour 5 725 centres, soit 0,42 centre pour 1 000 seniors. Aujourd’hui, ce chiffre a atteint 0,55 (15,20 millions de personnes pour 8 287 centres).

À l’échelle départementale, on constate que tous les départements ont vu leur nombre de centres augmenter entre 2019 et 2026, à part en Haute-Marne, en Haute- Saône et dans les territoires de Belfort, où ce parc a stagné, ainsi que dans les Alpes de Haute-Provence, seul département où ce chiffre a diminué. Mais si l’on zoome davantage, une plus forte hétérogénéité apparait. Les intercommunalités sur la Côte d’Azur et autour des grandes villes (Paris, Lille) en particulier ont connu une forte hausse du parc. Celles du centre de la France sont moins bien loties. Un arc allant du Bas-Rhin jusqu’aux Alpes de Haute-Provence contient l’essentiel des intercommunalités où le nombre de centres a baissé. Enfin, de nombreuses intercommunalités ne disposent d’aucun centre, en particulier dans le centre et l’Est de la France
Ouverture et fermetures
On note donc 389 centres d’audioprothèse supplémentaires en 2026, par rapport à l’année précédente. Un chiffre plus faible que l’an dernier où on en observait 504. Cette baisse est due à un nombre moindre d’ouvertures entre 2025 et 2026 par rapport à la période précédente : 611 vs 727. Si le nombre d’ouvertures de centre a légèrement baissé en 2026, il reste exceptionnellement élevé. En 2021, on n’en dénombrait que 441 centres supplémentaires par rapport à 2020. Et c’est entre 2022 et 2023 que la hausse a été particulièrement spectaculaire : + 49 %. Depuis, ce chiffre se maintient au-dessus de 600 centres supplémentaires chaque année.
De son côté, le nombre de fermetures est demeuré au plus haut : 222, contre 223 l’an dernier, ce qui avait établi un record. Ces chiffres sont aussi les témoins de modèles économiques qui n’ont pas tenu (We Audition par exemple), de la fermeture de « coquilles vides », etc. Ils reflètent également un secteur particulièrement dynamique.
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L’analyse géographique des ouvertures et des fermetures indiquent qu’elles ont souvent lieu dans les mêmes départements. Ce qui traduit d’abord une forte dynamique et donc une concurrence élevée dans ces zones. Par ailleurs, cela signifie que cette dynamique ne porte pas atteinte au maillage territorial. Certes, les départements des littoraux ouest et sud, ainsi que les grandes métropoles sont mieux lotis, mais leur dynamisme ne pénalise pas les départements les moins bien pourvus.
Centres mixtes
Alors que le nombre de centres ne cesse d’augmenter, la part des centres mixtes (qu’il s’agisse de corners ou d’« espaces audition » intégrés dans des magasins d’optique) stagne, voire diminue légèrement. Elle est de 21 % en 2026 contre 22 ou 23 % les années précédentes. Cela représente 1 765 centres.
Sans surprise, c’est le modèle audio-optique qui concentre le plus de centres mixtes : près de deux centres mixtes sur trois en font partie. Dans ce modèle, environ un centre sur deux est mixte. Alors qu’on ne compte qu’un centre mixte sur cinq centres chez les indépendants sans enseigne, et encore moins pour les autres modèles.



