03 Novembre 2022

Le président de la SFA réagit à l’article de 60 millions de consommateurs

Sollicité par le magazine 60 millions de consommateurs pour évoquer les différences technologiques entre les appareils de classe I et de classe II, François Dejean, président de la SFA, juge ses propos « déformés » dans l’article paru en octobre 2022. Selon lui, il n’y a pas de « match nul » entre les deux niveaux technologiques, contrairement à ce que laisse entendre l’article.

Par Ludivine Aubin-Karpinski

60millions
Ouverture du dossier sur les pratiques des audioprothésistes, dans le numéro d'octobre 2022 de 60 millions de consommateurs.
Début octobre, le magazine 60 millions de consommateurs publiait une enquête de sept pages sur les pratiques en audioprothèse, intitulée Prothèses auditives. Osez plusieurs devis. Plusieurs personnalités du secteur ont été interrogées, parmi lesquelles le président de la SFA, François Dejean. Celui-ci y commente les résultats d’une récente étude menée par un groupe de travail de la société savante comparant appareils de classe I et de classe II. Mais l’insertion par le magazine de l’intertitre « Entre classe 1 et classe 2, match nul », « à contresens » de ses propos, le fait réagir. « Cet ajout à la version publiée de l’article ne reflète pas mes commentaires mais, au contraire, en modifie totalement le contenu et vise maladroitement à démontrer que les appareils de classe I et de classe II se valent, commente-t-il. Or, nous n’estimons pas qu’il y ait « match nul » entre les deux classes d’appareils. D’ailleurs, l’objectif de notre étude n'était pas de désigner un gagnant et un perdant mais d’identifier des différences entre les deux classes pour apporter aux audioprothésistes un éclairage supplémentaire et les aider dans le choix de la technologie la plus adaptée aux besoins de leurs patients. »

Des différences significatives dans les situations sonores complexes

Cette notion d’équivalence entre les deux niveaux technologiques du 100 % Santé n’est pas nouvelle et fait figure de « marronnier », s'invitant régulièrement à la une des titres de presse dédiés à la défense des consommateurs. Début 2022, le magazine Que choisir a publié un article – après un premier en mars 2020 – comparant des aides auditives de niveaux technologiques différents. « Pour les réglages de base, ceux pris en charge à 100 % font jeu égal avec les appareils plus sophistiqués, moins bien remboursés », pouvait-on déjà lire.
Or, les résultats de l’expérience citée par François Dejean dans l’article de 60 millions de consommateurs sont tout autres. L’étude, menée par Morgan Potier fin 2021, comparait la qualité sonore des deux niveaux de technologie à travers différents extraits soumis à un jury naïf de normo-entendants. « Il n’y avait pas de différences significatives inter-classes pour des signaux sonores simples comme la musique ou les bruits de nature ; en ce sens, les deux niveaux technologiques font « jeu égal », explique le président de la SFA. En revanche, les sujets percevaient une différence significative en faveur de la classe II face à des signaux sonores complexes, par exemple dans des situations de parole dans le bruit, de trafic routier ou même de parole seule. Cette préférence pourrait être attribuée aux algorithmes plus avancés de ce niveau technologique visant à faire émerger le signal de parole et à réduire les bruits perturbants. »

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