Neuropathies pédiatriques : les spécificités de l’appareillage

Les aides auditives sont souvent indiquées en cas de neuropathie auditive chez l’enfant. Voici quelques recommandations pour qu'il puisse en tirer le meilleur parti.

Par Cathy Anne Guyon
Neuropathies auditives et appareillage

L’appareillage des enfants atteints de neuropathie auditive doit permettre un traitement de la parole unique qui devra à la fois compenser le trouble du traitement spectral et temporel mais aussi amplifier et rendre les sons audibles. Il faudra donc chercher à optimiser le rapport signal sur bruit. Le caractère variable de leur profil audiologique rend aussi cette prise en charge difficile. Voici une liste de recommandations non exhaustive appuyée sur des résultats d’expériences professionnelles et une revue d’études sur l’appareillage auditif des enfants atteints de neuropathies.

  • 1. Surveiller les seuils de perception plus fréquemment que pour les prises en charge conventionnelles afin de s’assurer de l’adéquation de l’amplification pour ces petits patients. Chez le jeune enfant, on sait que les seuils comportementaux sont difficiles à objectiver mais le caractère désynchronisé peut également s’accompagner d’une fluctuation des seuils de détection, notamment des fréquences inférieures à 1 000 Hz1,2,3. La sévérité de la dyssynchronie n’étant pas corrélée à la sévérité de la perte auditive4,5, il est fortement conseillé d’évaluer le plus rapidement possible l’intelligibilité dans le bruit. L’appareillage auditif avec amplification est toutefois à essayer le plus tôt possible lorsque les seuils comportementaux fiables montrent une perte auditive significative.
  • 2. Appliquer un gain sous-corrigé dans les fréquences graves inférieures à 500 Hz9,10. Les patients atteints de neuropathie utiliseraient principalement des informations à haute fréquence pour percevoir la parole et l’amplification apportée dans les fréquences graves engendrerait un effet de masque. Les patients bénéficieraient d’une amélioration de 10 à 15 % de leurs scores de discrimination en appliquant un filtre passe-haut et en réduisant l’amplification des fréquences inférieures à 500 Hz.
  • 3. Adapter un appareillage de type écouteur déporté (RITE) avec embouts ouverts, particulièrement en cas de pentes inversées11. Cette configuration d’appareillage procure une sonorité plus naturelle et permet une amélioration des scores d’identification de 5 % par rapport à la version contour d’oreille.
  • 4. S'orienter préférentiellement vers la compression de la voix moyenne la plus linéaire possible7.
  • 5. Préférer des temps de retour de compression plus lents7,8,9. Ce choix permet d’obtenir des modulations temporelles à plus grande amplitude et apporte ainsi plus de relief pour une meilleure perception de la consonne et de la voyelle. Cette amplitude augmente également la perception des événements de la parole tels que le temps d’apparition de la voix, les transitions, et surtout maximise les rapports signal-bruit.
  • 6. Privilégier les aides auditives disposant d’un mode de compression phonémique et d’une capacité de résolution temporelle. Il a été observé que l’utilisation du traitement de signal de type ChannelFree de Bernafon apportait un meilleur bénéfice sur la compréhension des patients atteints de neuropathies12. Ce type de traitement de signal consiste à analyser la globalité du signal sur toute la bande fréquentielle plutôt que par canal. Une autre méthode proposée consiste à étendre l’amplitude des modulations temporelles13. En effet, une étude a démontré que l’expansion de l’enveloppe temporelle effectuée par un filtre MATLAB serait plus efficace que de réaliser un filtre passe-haut par amplification car augmentait de 18 % les scores d’identification dans le calme.
  • 7. Associer très précocement l’utilisation de systèmes FM ou de microphone déporté, même lorsque les seuils de perception sont subnormaux14.
  • 8. Pour la localisation : privilégier des traitements de signaux interauraux qui préservent les différences interaurales de temps15.

En réglage d’implants cochléaires, ce profil de patient aura beaucoup de mal à acquérir la fonction de sonie16. Les évaluations seront donc plus laborieuses et demanderont un temps plus long d’apprentissage. Lorsque les réglages par défaut du logiciel ne conviennent pas, il est possible de ralentir la fréquence de stimulation pour permettre une période réfractaire plus longue et améliorer la synchronisation neurale17,18, ou bien d’élargir les largeurs d’impulsion et donc réduire le nombre de maxima mais sans trop compromettre la résolution spectrale ou temporelle.

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