Prise en soins orthophonique : s’adapter à la diversité des cas

La prise en soin orthophonique des neuropathies auditives est complexe. Et pour cause, ces pathologies peuvent entraîner de multiples tableaux de surdités. C’est à ces différents profils que l’orthophoniste devra s’adapter, en articulation avec les autres membres de l’équipe pluridisciplinaire.

Par Nadine Cochard
NA et orthophonie 2

Les neuropathies auditives concernent de 7 à 11 % des surdités neurosensorielles de l’enfant. On les appelle également dyssynchronies auditives, en référence à la perturbation de la synchronisation neuronale observée chez les patients atteints, ayant pour conséquence un déficit du traitement temporel des informations auditives. Cette pathologie se caractérise par une discordance entre les résultats obtenus à l’audiométrie tonale – normaux ou subnormaux – et les possibilités de discrimination de la parole qui sont généralement chutées, ou entre la présence d’oto-émissions acoustiques et des potentiels évoqués auditifs perturbés.

Les évaluations dans un cadre pluridisciplinaire

La prise en soins thérapeutique doit s’adapter à la diversité des profils de perte auditive rencontrés dans les neuropathies auditives. Celles-ci peuvent aller des surdités unilatérales à des surdités sévères à profondes, avec ou sans troubles associés. Aussi n’existe-t-il pas de protocoles établis à ce jour.

Différentes publications1 soulignent la nécessité de structurer la prise en soins de ces neuropathies auditives. Elles rappellent l’importance de répéter les évaluations audiologiques chez les tout-petits. L’accompagnement parental et l’exploration d’éventuels troubles associés d’origine neurologique sont également primordiaux.

Pour une prise en charge efficace, le travail en équipe pluridisciplinaire et une coordination des soins avec les équipes en réseau, notamment en cas de comorbidités, sont tout à fait indispensables. L’orthophoniste doit être inclus dans ce travail en réseau en tant que partenaire actif et participe, dans ce cadre, à la réévaluation des projets individuels en fonction de l’évolution.

Face à cette variabilité du trouble, il est nécessaire dans un premier temps d’évaluer les capacités du patient dans les différents domaines que sont la communication, le langage, les compétences auditives fonctionnelles, la parole et le fonctionnement cognitif et ce, afin d’en déterminer l'impact au quotidien.

La rééducation orthophonique

À ce stade de nos connaissances, la rééducation orthophonique s’appuie sur les données de la littérature et sur notre propre pratique. Pour l’adulte ou l’enfant, il est conseillé :

  • d’associer une aide visuelle (lecture labiale, code LPC ou LSF) en fonction du déficit du traitement temporel afin de faciliter, par des entrées multisensorielles, la discrimination de la parole, notamment dans le bruit, qui reste la difficulté majeure dans ce type de déficience ;
  • d’utiliser des logiciels spécialisés d’entraînement auditif dans le bruit. Leur utilisation régulière montre chez les patients une plus grande tolérance au bruit après un tel entraînement ;
  • de réduire la vitesse de la parole en allongeant les intervalles inter-syllabiques pour permettre une amélioration de la conscience phonologique lorsqu’elle est perturbée.

Enfin, en fonction du type d’appareillage par prothèses auditives ou/et implant cochléaire, il peut être proposé d’utiliser des micros déportés ou de systèmes FM dans les environnements bruyants comme les salles de classe ou le cadre professionnel.

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