Clément Sanchez, Global Product Manager Implant cochléaire chez Oticon Medical (Danemark)

Nouvel entretien de notre cycle « De l'autre côté du miroir », consacré aux audioprothésistes qui ont fait le choix de mettre leur expertise au service de l'industrie : cette fois-ci, nous rencontrons Clément Sanchez, Global Product Manager Implant cochléaire chez Oticon Medical (Danemark).

Propos recueillis par Ludivine Aubin-Karpinski
(c) zenzen AdobeStock

Audiologie Demain : Pourquoi avoir fait le choix de l'industrie ?

Clément Sanchez : Après cinq premières années à adapter des aides auditives, j’ai réalisé que l´évolution tant promise des technologies et donc implicitement de la satisfaction des utilisateurs prendrait nettement plus de temps que ce que les départements marketing des différents fabricants prédisaient depuis l'avènement du numérique dans les années 1990. En même temps, je constatais, à 22 ans, qu´être audioprothésiste ne me convenait pas. Donc je naviguais entre une certaine déprime et une industrie atone (à l’époque). Mon premier réflexe fut de discuter avec les représentants des différents fabricants afin de sonder les possibilités de passer de l´autre côté du miroir, pour savoir pourquoi les choses ne fonctionnaient pas comme elles le devaient selon moi. Quelques mois plus tard, je commençais en tant que formateur et hotline client pour un fabricant danois.

J´ai tout d'un coup cassé ma routine, ce qui fut une véritable renaissance pour moi, même si cette sensation, à la fin de la journée, d’avoir aidé des personnes à vivre mieux me manque. On rencontre des acteurs de la profession que l´on n’aurait peut-être pas approchés autrement (les chercheurs, les décideurs...). On participe à l’élaboration de projets qui verront le jour plusieurs années plus tard.

Audiologie Demain : Comment jugez-vous l'évolution de l'audioprothèse aujourd'hui ?

Clément Sanchez : Les clients ont raison de considérer les aides auditives comme trop chères : à partir du moment où vous n’utilisez pas un produit que vous avez acheté, même s’il est remboursé à 100 %, c’est déjà trop cher. Notre industrie a encore une grande marge de progression pour apporter une plus grande satisfaction aux patients. Ayant travaillé en Belgique puis en France, j’étais persuadé que le taux de remboursement était intimement lié à l'adoption des aides auditives, voire à la satisfaction du client. Cependant je dois constater, suite à mon déménagement au Danemark où le remboursement est de 100 % pour des produits premiums, que les taux d'adoption d’appareillages bilatéraux et de satisfaction sont similaires entre les deux pays. Notre industrie – plus que le système d’assurance santé – a encore une grande marge de progression pour apporter une plus grande satisfaction aux patients.

Audiologie Demain : Que peut-on attendre comme innovation dans les années qui viennent ?

Clément Sanchez : Le buzz aujourd’hui se focalise sur l’intelligence artificielle et le big data mais, si ces deux domaines peuvent apporter des évolutions significatives dans le domaine du diagnostic notamment, ils ne révolutionneront pas la vie de votre gentille petite mamie qui ne demande qu'une seule et simple chose : « Entendre comme avant ». Cependant, j´entrevois des changements drastiques quant à l’accès aux aides auditives pour les malentendants. Je ne vois plus l'audioprothésiste comme l'acteur principal de la démarche d'appareillage dans les cinq à dix ans à venir, et cela est quelque part significatif pour une industrie.

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